Né en 1965 à Barr dans le vignoble alsacien, j’ai grandi dans la ferme de mes grands-parents au contact des animaux et de la nature. Avec mon grand-père, nous cherchions les noix à la saison des noix, nous coupions le foin à la saison des foins. Bref, nous faisions tout en fonction des rythmes de la nature. À cette époque, je baignais au cœur de la vie en toute innocence.


Puis, mon âme a commencé à s'assombrir du fait de cette difficile période à traverser à la sortie de l'enfance : l’adolescence.


Le ciel commence alors à me fasciner. Il est tellement beau qu’il me semble irréel, presque surnaturel. En jeune adolescent, je me pose dès lors, la question de ma réalité et de mon identité dans ce décor céleste majestueux. C'est la période de la question existentielle : "au sein de l'univers qui suis-je ?"


Je commence à me chercher et à lire des livres d’astronomie. Je découvre les distances gigantesques entre les corps célestes, la vertigineuse vitesse de la lumière, bref, des dimensions incommensurables. Cependant, rien ne vient étancher ma soif de quête intérieure. Mon cerveau se gonflait de données que mon être intérieur n’arrivait pas à gérer.


Après des études techniques et technologiques (Brevet d'études professionnelles et Certificat d'études professionnelles en électrotechnique/électromécanique), je commence ma jeune vie d’adulte en entrant sur concours à l’école des infirmiers de la Marine nationale à Toulon. Jeune diplômé, je choisis mon affectation dans le service d’O.R.L. de l’Hôpital d’instruction des armées Sainte-Anne. J’y exercerai durant 2 années avant d’être muté à l’infirmerie de la base aéronavale de Cuers-Pierrefeu. Mon passage au service O.R.L. m’aura mis au contact, principalement, de malades souffrant de divers cancers, alors qu’à la base aéronavale je m’occupais de médecine du travail avec mes deux collègues. En effet, 2 000 salariés civils, en plus du personnel militaire, exerçaient dans l’aéronautique, et tous les matins, 20 d’entre eux passaient un bilan de santé complet (ponction sanguine, test auditif, électrocardiogramme, etc.).


En 1992, ma vie bascule. Certains événements de vie m’emmènent à consulter et à commencer une analyse. C’est au cours de cette analyse que je vais expérimenter la vérité que Schiller adresse à Wallenstein : « In deiner Brust sind deines Schicksals Sterne », « C'est dans ton cœur que se trouvent les étoiles de ton destin » !


J’acquiers alors la profonde conviction que les astres ne sont pas ces mondes lointains, ces forces autonomes et étrangères qui pèsent sur nos destinées comme des entités extérieures. Ils vivent en nous, sont notre propre réalité ; ils progressent sur notre zodiaque intérieur et se meuvent dans notre propre univers : ils font corps avec les puissances de notre nature. Le ciel est, en somme, à l'intérieur de nous. L’adage : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux », prenais dans ma conscience tout son sens.


Après cette expérience intérieure naquit un besoin irrépressible de comprendre : « qu’est-ce donc que l’être humain ? ! » et surtout étais-je le seul à avoir découvert le ciel intérieur !


J’ai commencé par m’inscrire à la faculté et suivre les cours de psychologie universitaires. J’obtiens le même effet que les livres d’astronomie à la période de mon adolescence : rien de l’enseignement universitaire ne vient étancher ma soif de compréhension intérieure.


Je change de direction et je découvre les travaux de l’anthroposophe Rudolf Steiner, de l’astrologue Dane Rudhyar et des psychiatres Carl Gustav Jung (La psychologie des profondeurs), Stanislav Grof (La psychologie transpersonnelle) et Viktor Frankl (La logothérapie).


Je découvre une autre perspective de l’être humain que celle enseignée à la faculté et qui est beaucoup plus en adéquation avec mes expériences et mes convictions. Je vais alors, durant 15 années dévorer des livres les uns après les autres. Puis, je décide de valider mes connaissances acquises de façon autodidacte. Durant 24 mois je vais suivre les cours d’astrologie psychologique pour l’obtention du certificat d’astropsychologie auprès du Président de la Fédération des astrologues francophones, Alain de Chivré, fervent défenseur d’une astrologie centrée sur la personne.


Je reviens ensuite vers la psychologie universitaire avec un cursus de praticien en psychothérapie effectué au CERFPA, car dans mon esprit je commence à tisser des liens entre notre thème astral, nos croyances limitantes, les pathologies telles que décrites par la psychiatrie. J’étudie donc la psychiatrie durant 5 années. De même, je m’intéresse à la psychosomatique qui est une approche de la théorie médicale dans laquelle la structure et le fonctionnement de l’appareil psychique sont considérés comme des co-facteurs de santé ou de maladie. La structure psychique étant le thème astral lui-même.


Il existe un seul livre à ma connaissance qui met en rapport le thème astral et la psychiatrie en fonction de la biographie de la personne. C’est le livre des auteurs : Jean-Yves Espié (astrologue), Philippe de Bailleul (psychiatre) et Françoise Miquel (biographe et narratrice) : « Un si long chemin ».


Aujourd’hui, j’ai bien saisi ce qu’est l’être humain. C’est un être spirituel qui s’est constitué un corps de chair. Ce corps de chair est la source de nos émotions et du chemin qui nous mène vers nous-mêmes. Ces vibrations intérieures correspondent en partie au thème astral que nous avons choisi avant de descendre sur la terre pour y faire l’expérience nécessaire à notre évolution.


Au commencement était le Verbe et le Verbe s’est fait chair : Saint Jean.


L’émotion est un phénomène physiologique à déterminisme génétique : Philip Pongy, psychiatre. Nos émotions viennent bien de notre corps.


En astrologie les constellations construisent nos organes : le Lion fait notre cœur, le Cancer notre cage thoracique, le Scorpion nos organes sexuels, etc.


Nos corps sont des vibrations cosmiques auxquelles nous rajoutons notre karma, tissant ainsi nos destinées.


Chacun de nous avec ses particularités, « ses défauts » et son « potentiel de progrès », déploie une énergie qui tend vers un centre en soi. Que l’être en soit conscient ou non. Car il y a bien un Capitaine à bord du corps qui expérimente la vie. La vie intérieure comme la vie extérieure. Ce Capitaine, c’est « moi », mon « je », celui que je prononce en parlant de moi-même. Il est le sommet de toute mon architecture corporelle, c’est mon propre esprit.


Le centre en soi on peut l’entendre dans les paroles que dit Rudolf Steiner dans son livre « la philosophie de la liberté » :


« C'était la nuit du 10 au 11 janvier, au cours de laquelle je n'ai pas dormi un seul instant. Je m'étais occupé jusqu'à minuit et demi de divers problèmes philosophiques, et me jetai enfin sur mon lit ; mon effort avait tendu l'an dernier à éprouver la vérité de ce que dit Schelling ; « En nous tous réside une faculté, mystérieuse et sans pareille, de laisser derrière nous tout ce qui change avec le temps pour nous retirer au plus intime de notre soi dépouillé de tout ce qui est venu l'envelopper de l'extérieur, pour y contempler, sous la forme de l'immutabilité, l'éternel en nous ».


Méditer et rejoindre ce centre en soi est la soif qui taraude l’âme de chacun de nous, car toucher à ce centre étanche toute soif. Rejoindre ce centre n’a rien de mystique et doit être compris selon les paroles de Dane Rudhyar tel qu’il les écrit dans son livre « Vers une conscience planétaire » :


« Rejoindre son centre représente un grand élargissement de la conscience ; mais cet élargissement est celui d'une conscience structurée alors que « l'expansion de conscience » que beaucoup recherchent aujourd'hui ressemble plutôt à une perte de soi-même dans une expérience subjective, extatique et informe d'unité avec tout. Il ne fait nul doute que ce genre de sentiment soit merveilleux à éprouver, mais c'est une expérience dont il faut inévitablement revenir pour rentrer dans un monde quotidien de différenciation, de catégories et de conflits.


Ce retour, par ses modalités et sa qualité, laisse souvent beaucoup à désirer ; tandis que la personne qui grandit, simplement et sans spectacle, pour entrer de plain-pied dans sa propre « éternité » (cf. Rudolf Steiner) n'a pas besoin de revenir puisqu'elle n'est pas partie. Elle est toujours présente. Elle a les pieds sur la terre de l'expérience quotidienne, tandis que sa tête embrasse et accepte, avec, la sérénité du Sage, la totalité de son existence, de l'alpha à l'oméga ; sa volonté est accordée au rythme constant et fondamental du Soi intérieur ».


Il y aurait beaucoup à dire, beaucoup de livres et d’auteurs à citer sur un sujet aussi riche et passionnant que celui qui nous concerne tous personnellement : notre être spirituel et l’humanité qui se construit. Mais il me faut m’arrêter sur cette biographie qui se souhaite succincte.


Je terminerai avec des paroles de Luc Bigé issues de son livre « L’Homme réunifié » afin que le lecteur comprenne où le thérapeute se situe avec une personne en consultation afin de l’accompagner sur son chemin vers elle-même :


« Pour cette raison, l’étude de l’astrologie est avant tout et en premier lieu un travail sur soi. C’est seulement en apprenant à découvrir puis à utiliser l’outil que je suis, que je puis devenir utile à l’autre. Mais celui qui de moi utilise l’outil n’est pas outil ! Un centre se dévoile. Or, un centre n’est autre qu’un point. Un point, c’est tout. Par le retour au centre de moi-même, je prends conscience de mon unité avec le monde, sans perdre mon identité... puisque le point c’est aussi l’unité ».


Tout travail thérapeutique est un retour à soi, un retour à ce centre comme je le rapporte au travers des trois auteurs mentionnés ci-dessus : Rudolf Steiner, Dane Rudhyar et Luc Bigé. Il faudrait rajouter à la liste Karlfried Graf Dürckheim, Krishnamurti et bien d’autres.



Ce retour à soi est un chemin d’ouverture de conscience.



Pascal Patry

Praticien en psychothérapie

Psychanalyste




Nous ne cesserons pas notre exploration,

Et le terme de notre quête

Sera d'arriver là d'où nous étions partis

[Du Verbe cosmique]

Et de savoir le lieu pour la première fois.

[Conscience cosmique]


T.S. Eliot


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Paracelse