Doctrine de libération et pratique thérapeutique, la psychanalyse permet avant tout l'acquisition d'une meilleure connaissance de soi-même, par la prise de conscience des processus inconscients qui agissent à notre insu et qui ont leur répercussion dans la vie quotidienne.


Se désaliéner et s’émanciper








Les différentes manifestations de nos processus inconscients se traduisent essentiellement par des troubles du comportement, des troubles du sommeil, des troubles du langage, par des troubles relationnels, sexuels, voire des troubles de la pensée et bien d'autres formes encore de dysfonctionnements, de gênes, de souffrances et de malaises.


La survenue de ces troubles, ou la prise de conscience de leur importance par une personne affectée, au motif que ces symptômes l'empêchent de vivre, constitue le facteur déclenchant d'une consultation psychanalytique qui débouchera sur un travail analytique.


En somme, ces troubles sont souvent les facteurs déclencheurs d'une psychanalyse : ils sont tout à la fois le révélateur et l'expression d'une souffrance profonde qui exige un travail d'exploration et de recherche sur soi-même afin d'en identifier la cause première et de la traiter pour éradiquer le mal à sa source même. Cette source, c'est au plus profond de notre être que nous allons la découvrir grâce à la technique psychanalytique.


La technique psychanalytique










Ces troubles, ces souffrances, ces manifestations de l'inconscient sont des symptômes qui constituent autant d'indices qui mettent sur la piste d'une souffrance psychologique.


La psychanalyse ne se propose pas de rechercher le soulagement immédiat, prioritaire, de ces souffrances. Même si, dans l’analyse, ce soulagement se manifeste très rapidement [du simple fait que la personne prend conscience de ces souffrances et qu’elle cesse de les nier. Ces souffrances qui deviennent claires deviennent le cœur du projet psychanalytique engagé].


L’analyste et l’analysant vont aller ensemble, dans une alliance thérapeutique, aux sources mêmes de ses maux. Viser l’origine de la souffrance afin de l'éradiquer est l’objet du projet analytique.


Un traitement symptomatique, aussi efficace soit-il dans l'immédiat, comme un traitement médicamenteux peut supprimer d'emblée des symptômes qui se produisent apportant souvent un soulagement immédiat. Cependant la cause de ces souffrances n’est pas traitée, et les symptômes réapparaîtront tôt ou tard.


Et c'est bien là ce qui différencie la psychanalyse des nombreuses pratiques psychothérapiques dérivées ou non de la théorie psychanalytique, qui vise directement à supprimer les symptômes, en se focalisant sur chacun de ces types de trouble.


Pour un temps, faire machine arrière












En tant qu'exploration de soi, la cure psychanalytique se révèle une épreuve parfois pénible et peu gratifiante en ce qu'elle nous révèle des aspects peu glorieux de notre personnalité : c'est le coût personnel auquel il faut consentir d'une aventure exaltante sur les chemins de la découverte de soi-même, cette connaissance à nulle autre pareille, profondément nécessaire à qui entend essayer de vivre libre.


Personne aujourd'hui ne doute plus qu'accroître la connaissance du monde qui nous entoure est fondamentalement louable et constitue l'un des plus nobles projets humains : qui ne voit que ces connaissances elles-mêmes est limité a priori par une insuffisance de connaissance de soi-même ?


Cependant, lorsque notre recherche s'adresse directement à une connaissance de soi-même, lorsqu'il s'agit de répondre à l'impératif socratique du « Connais-toi toi-même », alors nous n'avons pas affaire à une connaissance comme les autres : celle-là est primordiale, initiale, fondamentale, et conditionne toute notre vie.


En effet, les données que nous arrachons à notre inconscient ne sont nullement des informations comme les autres, comparables à des données scientifiques acquises, ou à des connaissances de l'ordre de la sagesse philosophique ou de la morale, et plus généralement à des informations de tel ou tel événement de la nature ou du monde qui nous entoure : elles sont bien plus que cela, dans la mesure même où ces connaissances nous permettent de mieux-être nous-mêmes.


La vue que nous avons des êtres qui nous entourent et de la nature qui nous environne change considérablement dès lors que nous savons enfin où nous nous trouvons, en quel lieu, à quelle altitude, bref comment nous nous situons dans cet immense ensemble que forme la vie.


En somme, la question de savoir où se place et en quel endroit se trouve l'observateur, et a fortiori l'acteur principal (nous-mêmes), est une information vitale, mais qui va de soi, voire qui va sans dire - et comme le dit très justement la sagesse populaire, qui va encore mieux en se disant.


Devenir le commandant de bord









Puis, parvenir grâce à ce travail sur soi-même à être enfin un peu plus maître chez soi, et identifier la source de nos troubles, de notre malaise, de nos souffrances intérieures : voilà ce qui constitue un objectif thérapeutique, dans la mesure même où la psychanalyse nous libère de ce parasitage constant et nous permet de mettre un terme aux souffrances et troubles qui obèrent notre vie quotidienne et obscurcissent notre avenir.


Le programme et la cible d'une psychanalyse, c'est de révéler les constantes intrusions de notre inconscient dans la conduite de notre vie et d'en découvrir la cause qui nous laisse en permanence, sans que nous nous en apercevions clairement, sous l'influence de nos humeurs, de nos pulsions, de certaines habitudes que nous avons contractées sans nous en rendre compte, de certains événements de notre vie affective, sexuelle, familiale qui relèvent du domaine de l'inconscient : sa présence à notre insu nous retient en arrière comme une charge, une pesanteur, un poids qui pèse sur nos épaules, un frein, comme un boulet que l'on traîne et dont il nous faut nous libérer pour aller de l'avant.


Un bon analyste ne laisse pas son patient

tourner en rond







Et c'est parce que l'objet de ce savoir acquis n'est pas la souffrance elle-même, mais la mise au jour des causes de cette souffrance, qu'elle est une activité non directement soignante - contrairement à la thérapeutique médicale, qui a pour objet immédiat de soulager et de soigner -, mais bien à visée thérapeutique : elle va rechercher, dans le domaine de la vie psychique, bien au-delà du symptôme qui fait signe et s'offre en objet de soin immédiat.


Soulager un symptôme immédiatement douloureux est évidemment un bien : le mieux est de traiter la cause de cette souffrance…


Dire de la psychanalyse qu'elle est une pratique à visée thérapeutique est donc strictement exact, et c'est à bon escient que nous commençons par là.


Pour autant, voilà qui ne renseigne pas vraiment sur ce qu'il en est de la réalité de cette activité surprenante qui va se poursuivre, dit-on, durant des mois, parfois pendant des années et dans des conditions apparemment assez étranges pour les non-initiés.


Secret professionnel







Contrairement à ce qu'imposent les nécessités d'une médecine contemporaine basée sur l'échange entre médecins, spécialistes, laboratoires médicaux, etc., au travers d'un dossier médical personnel prétendument confidentiel, il n'y a pas de « dossier psychanalytique ».


À notre époque, caractérisée par le « tout communiquant », et l'omniprésence de l'informatique et d'Internet, le dossier médical lui-même n'est que mal et peu protégé des indiscrétions, sinon des intrusions délibérées, quand il n'est pas tout bonnement divulgué par les fuites constantes pendant les transmissions entre services.


Plus encore qu'une médecine moderne où règnent les protocoles, disposant de tous les moyens de la technologie, et contrairement aux apparences, ce sont donc ceux-là mêmes que quelques scientifiques intégristes qualifient de « charlatans » qui, sans dossier, sans jamais communiquer quelque information que ce soit [soulignons-le, pas même entre psychanalystes dont les présentations de cas cliniques sont faites sous pseudonymes], offrent une activité totalement confidentielle et complètement libre.


Les règles de la psychanalyse sont cette confidentialité absolue, cette liberté totale, qui est tout à la fois une condition de la cure comme règle impérative à respecter par l'analysant, et constitue dans le même temps la première étape du processus thérapeutique engagé par la psychanalyse.


Pascal Patry

Praticien en psychothérapie

psychanalyste


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