Les troubles bipolaires


Le trouble bipolaire est un trouble de l’humeur autrefois appelé psychose maniaco-dépressive. Il se caractérise par des variations anormales de l’humeur. L’humeur alterne entre, d’une part, des périodes d’excitation (manie ou syndrome mental caractérisé par la surexcitation désordonnée de la pensée et des débordements instinctuels) et, d’autre part, entre des périodes de dépression, voire de mélancolie profonde, entrecoupée de périodes de stabilité.


Le terme « bipolaire » évoque les deux pôles manie et dépression, entre lesquels l’humeur oscille.


Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les troubles bipolaires comptent parmi les dix maladies les plus invalidantes. Le diagnostic est souvent fait tardivement.


Les troubles bipolaires peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie affective, familiale, professionnelle et sociale. Malgré ces difficultés il est possible de se rétablir de ces troubles.


Entre 5 à 10 %, des personnes ayant des épisodes dépressifs caractérisés peuvent également connaître des épisodes maniaques. Pour qu’un diagnostic de trouble bipolaire soit posé, il faut qu’il y ait eu au moins un épisode dépressif caractérisé et un épisode maniaque ou hypomaniaque.


Symptômes de l’épisode dépressif selon la CIM 10 :


Humeur dépressive, tristesse

Perte d’intérêt

Fatigue ou perte d’énergie

Trouble de l’appétit (perte ou prise de poids)

Trouble du sommeil (perte ou augmentation)

Ralentissement/agitation psychomotrice

Sentiment d’infériorité, perte de l’estime de soi

Sentiment où la culpabilité est inappropriée

Difficultés de concentration

Idées noires, pensées de mort, comportement suicidaire.


L’épisode hypomaniaque ou maniaque s’étend sur une période d’au moins 4 jours consécutifs, où la personne est expansive ou irritable, très différente de son fonctionnement habituel et présente au moins 3 des symptômes suivants :


augmentation de l’activité ou agitation physique ;

augmentation du désir de parler ;

difficultés de concentration ou distractibilité ;

réduction du besoin de sommeil (ex. se sentir reposé après 3 heures de sommeil) ;

augmentation de l’énergie sexuelle ;

achats inconsidérés, ou autres types de conduites insouciantes ou irresponsables ;

augmentation de la sociabilité ou familiarité excessive.


Les modifications de l’humeur et du fonctionnement habituels sont évidentes pour les personnes de l’entourage. Ces modifications peuvent perturber les activités quotidiennes, mais sans gêner le fonctionnement professionnel ou social et sans nécessiter une hospitalisation. Les périodes séparant épisodes dépressifs et maniaques raccourcissent avec les années.


Dans certains cas, symptômes dépressifs et maniaques apparaissent en même temps, ou alternent très rapidement. Les activités professionnelles et sociales ou les relations interpersonnelles sont perturbées.


Une hospitalisation est parfois nécessaire pour éviter des effets dommageables pour la personne ou pour autrui.


« La personne ayant des troubles bipolaires doit s’imposer comme un véritable acteur de son rétablissement. Par ses actions et en apprenant à mieux se connaître, elle va pouvoir agir positivement sur sa maladie ».


Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’évolution d’un trouble unipolaire en trouble bipolaire. Un trouble dépressif sévère avec des caractéristiques psychotiques ou mélancoliques, des épisodes dépressifs caractérisés récurrents, l’hypersomnie et le ralentissement psychomoteur.


Les troubles bipolaires ont tendance à se développer à la suite de troubles dépressifs aigus, chez des personnes jeunes (avant 25 ans) n’ayant pas de troubles avant l’adolescence.


Il y a un risque de trouble bipolaire plus important quand un épisode dépressif caractérisé apparaît après un accouchement.


Il y a un risque également en cas d’hypomanie d’origine pharmacologique et d’antécédents familiaux de bipolarité.


Une personne bipolaire non traitée aurait une espérance de vie inférieure de 20 ans à celle de la population générale. En effet, on estime que 20 % des personnes ayant un trouble bipolaire décèdent par suicide.


15 à 20 % des personnes souffrant d’épisodes dépressifs caractérisés commettent un suicide. Le taux annuel de suicide est 4 fois plus élevé chez les personnes souffrant de trouble dépressif que chez celles atteintes d’un autre trouble psychique, et 30 fois plus élevé que dans la population générale.


Les facteurs de risque suicidaire sont :


la sévérité de l’épisode ;

l’association d’autres troubles psychiques (alcoolisme, trouble de la personnalité) ;

certains symptômes dépressifs (réveil précoce, désespoir, perte de plaisir ou d’intérêt).


En cas d’idées suicidaires, ne pas hésiter à chercher de l’aide auprès de proches ou de professionnels formés.


Il est important de savoir que :


Les personnes suicidaires ne veulent pas nécessairement mourir, mais souhaitent avant tout mettre fin à une souffrance devenue insupportable.

La majorité des personnes ayant des idées de suicide ne feront pas de tentative.


On situe l’origine de la dépression dans des expériences infantiles de perte, de souffrance et d’échec. Il existe une vulnérabilité génétique : une personne dont le parent de premier degré est atteint a 10 fois plus de risque de développer un trouble bipolaire.


Les événements de vie (divorce, séparation, problèmes professionnels ou financiers…) et les stress répétés (surmenage, manque de sommeil, perturbation des rythmes sociaux et biologiques), sont des facteurs précipitants. Mais leurs effets dépendent aussi de facteurs complexes, psychologiques et biologiques.


Le modèle théorique actuel pour expliquer les troubles bipolaires est biopsychosocial : interactions complexes entre vulnérabilités génétiques, modifications des systèmes de régulation du stress sous des influences environnementales diverses.


Le retard au diagnostic augmente le risque de suicide et celui d’évolution vers des cycles rapides (plus de 4 épisodes dans l’année, plus difficile à traiter). Ce retard peut augmenter la durée des épisodes et les risques de complications (dépenses excessives, dettes, troubles du comportement, conséquences des consommations de toxiques [alcool, drogue]).

  

La réponse thérapeutique doit être adaptée à chaque personne en fonction du contexte clinique, biologique et social. L’objectif est de diminuer les symptômes, les troubles comportementaux et le risque suicidaire, mais aussi de protéger la personne, son entourage et ses biens.


Le but est de permettre à la personne de trouver un équilibre qui lui est satisfaisant, pour vivre au mieux, malgré la persistance éventuelle de la maladie.


À long terme, les soins et l’accompagnement visent à :


préserver les capacités d’adaptation, l’autonomie et la qualité de vie de la personne ;

préserver le niveau de fonctionnement social et professionnel, la vie affective et relationnelle ;

stabiliser l’humeur ;

prévenir les rechutes ;

dépister et traiter les comorbidités psychiatriques et somatiques ;

aider la personne à comprendre la maladie et à s’approprier le traitement.


La prise en charge est pluridisciplinaire, coordonnée par le médecin traitant.


Dans certaines dépressions sévères à risque suicidaire important, lors de phases d’excitation maniaque ou lorsqu’un bilan somatique complet s’impose, une hospitalisation - parfois sans consentement - peut être décidée.


La psychothérapie de soutien est indispensable dans tous les cas. Elle contribue à améliorer le vécu du trouble au quotidien.



Les grands dossiers Navigation Ateliers Accompagnement Plan du site Mentions légales Les grands dossiers Contact Articles Questionnements Tables rondes